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C

hjesa paruchjale Sant’Andria

Eglise paroissiale Saint-André

L'église Sant’Andria a été édifiée entre 1777 et 1817 en remplacement de l'ancien sanctuaire Sant'Andrea Vecchio qui tombait en ruine. Elle a été classée monument historique le 11 juin 1956 pour sa qualité architecturale, la richesse de ses décors baroques et par la présence de nombreuses oeuvres d'art dont un triptyque du début du XVIème siècle. 

 

U

cumbentu San Francescu

Le Couvent Saint-François

Daté de 1390, l'édifice a remplacé celui édifié au Moyen Âge. C'est un des plus anciens couvents du Nebbiu classé 3e de l'île au chapitre de Narbonne en 1260. Le nombre de frères n'a jamais été très important. Composé de vingt-cinq cellules, il abritait 18 frères dont 3 prêtres et quelques clercs.

Les chroniques racontent que déjà au XVe siècle le prêtre y célébrait l'office avec deux pistolets sur l'hôtel pour tempérer les fidèles. Durant la lutte pour l'indépendance de l'île, les frères parcouraient la campagne à cheval pour rameuter les foules à la cause nationale. Plusieurs consultes eurent lieu au couvent : 7 septembre 1745, 6 mai 1747, 1er août 1750, 23 mai 1753.

 

En 1758, Pascal Paoli mettant à profit l'érudition des moines, y crée une imprimerie nationale, la Stamperia della verità, où de nombreux articles à contenu historique ou philosophique furent édités. « François Piazza, agrégé d’italien, titulaire d’un doctorat soutenu à la Sorbonne, nous éclairait sur les ouvrages de justification et les lieux d’imprimerie au XVIIIe siècle en Corse. Il révéla alors au public que l’imprimerie du couvent d’Oletta n’avait jamais existé en réalité. La mention d’imprimerie au couvent était employée de manière symbolique ». En 1768, les Français débarquent à Saint-Florent, s'emparent d'Oletta et l'occupent.

En 1769 ils établissent leur quartier général dans le couvent. Le 13 février l'abbé Francescu Antone Saliceti, ses parents et ses amis quittent Oletta occupé par les soldats de M. d'Arcambalé. De là, partira leur offensive contre les troupes de Paoli qui trouvera son épilogue le 8 mai 1769 par la défaite des troupes nationales à Ponte Novu. Un complot contre l'occupant français nommé la « Conspiration d’Oletta », ourdi par l’abbé Saliceti dit « Peverone » à la demande de Pascal Paoli, fut déjoué suite à des dénonciations. 5 jeunes hommes furent condamnés, torturés et privés de sépulture.

 

Parmi eux, se trouvait Don Petru Leccia, 23 ans, supplicié de la roue, dont le corps devait rester exposé sur la place publique. Maria Gentile, sa fiancée, bravant l'interdiction, lui offrit une sépulture chrétienne dans la chapelle conventuelle. Son courage suscita la clémence du Général de Vaux. Au-dessus de la porte latérale du couvent est apposée une plaque commémorative qui rappelle le martyre de 5 patriotes torturés et privés de sépulture chrétienne le 25 septembre 1769.

En 1769 Les religieux furent chassés, puis réinstallés en 1854 avant de quitter définitivement le couvent lors de la séparation de l’Église et de l’État. En janvier 1915, le couvent Oletta accueille 120 internés. Quelques mois plus tard, des civils d’origine allemande ou austro-hongroise interpellés dans d’autres départements y seront internés. Le 17 septembre 1917, un an avant sa fermeture, on compte 150 internés dont 43 Allemands et 53 Austro-hongrois vivant dans le camps. Entre 1939 et 1945, les armées successives occupèrent les lieux et l’utilisèrent également comme dépôt. Dans les années 1960, le couvent Saint-François était animé par des bénédictines. Stella la dernière sœur, y vécut à la bougie jusqu'en 1990. Il resta dix ans inoccupé avant d'être squatté.

 

L'édifice de trois étages en ruine et comportant 17 cellules de moines, avait été mis en vente à la fin du siècle dernier. Il n'y avait pas d'électricité, qu'un seul robinet. des planchers effondrés, des trous dans le toit en lauzes et son église pillée. La commune ne pouvant pas prendre en charge les frais de restauration, renonça à son droit de préemption. Il trouva acquéreur au printemps 2001. Il est aujourd'hui la propriété d'un particulier, sauvegardé et mis en valeur par l'association VMF, Patrimoine en mouvement, créée en 1958. La chapelle dont la construction remonte à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, propriété de l'association précitée, est protégée et inscrite aux Monuments historiques par arrêté du 29 novembre 1974.

 

A

tomba Rivarola

Le Tombeau des Rivarola

À l’origine de cette chapelle funéraire sur la colline du Muzzellu : François de Rivarola, Lieutenant Général de l’île de Malte au service de l’Angleterre (début 19ème). Ses ancêtres avaient quitté le fief de Rivarola dans le territoire de Mantoue et s’établirent à Gênes où ils prirent le nom de Rivarola.

Au XVième siècle, Gregorio Rivarola fut élevé par l’empereur Maximilien à la dignité de Comte palatin. Charles Quint ajouta aux armoiries l’aigle impérial par décret du 15 avril 1533.

Les Rivarola installés en Corse (à Bastia et à Oletta) se sont ralliés à la cause de Pascal Paoli. Antonio Rivarola et sa Soeur la Monaca étaient ses fidèles amis et ses agents secrets en poste à Livourne notamment. (À noter Nicolo de Rivarola reçut le premier voyageur britannique et écrivain James Boswell dans la demeure Familiale à Oletta, lors de son tour en Corse pour rencontrer Pascal Paoli).

 

U

Paisolu di Romanacce

Le Hameau Romanacce

Le hameau Romanacce a été abandonné dans les années 1942. Les habitants ont vécu sans eau, ni électricité. La seule source d’eau était celle de la fontaine, toujours présente aujourd’hui. Même si le hameau n’est plus habité, il vit toujours à travers le Miracle du tableau de la Vierge qui s’est déroulé en 1737.

 

A

cappella Sant’Antone

La Chapelle Saint-Antoine

La chapelle Saint Antoine se trouve au Romanacce près de la Maison du Miracle. Cet édifice de plan allongé est formé d’une nef unique couverte d'une voûte en arc surbaissé, avec en façade un clocher mur sur l'élévation antérieure.

Rénovée en 2017, elle donne une seconde vie au hameau et permet aux gens de se ressourcer dans ce lieu rempli d’histoire.

 

A

cappella San Griolone

La Chapelle San Griolone

Découverte par Mme Moracchini-Mazel dans la plaine d’Oletta, elle aurait été érigée en l’honneur de Saint Grégoire le Grand. Classiquement composée d’une nef unique à abside, elle suit l’orientation régulière à l’est et présente de petites dimensions de 8.20m par 4.75m. Le matériau était constitué de petite pierres de calcaire. Une sépulture a été découverte collée à l’abside. Relativement bien conservée elle était constituée de teghje à la manière dite « a cappuccina » accolés dans un style proche de l’époque romaine. À l’intérieur un squelette long de 1.80m.

 

E

Grotte di Castiglione

Les Grottes de Castiglione

Sur les hauteurs dominant l’Alisu se trouve une grotte dans laquelle des spéléologues ont découvert en janvier 1991 un gisement d’os d’animaux fossiles au fond d’une faille très étroite de plus de quarante mètres de profondeur avec plusieurs cavités. Le gisement est d’une exceptionnelle richesse, il a été trouvé des milliers d’os dont celui du prolagus dit « lapin rat », d’un cynotherium (sorte de chien), d’un cerf de Caziot, celui d’un suidé (sanglier de l’époque) , etc . Les ossements les plus anciens sont antérieurs à 35 000 ans. Tous ces mammifères ont aujourd’hui disparu mais restent présents dans les profondeurs d’Oletta.

 

L

’attellu di varmu a seta

L'atelier du ver à soie - La Magnanerie

En 1871, François Piazza, maire de la Commune d’Oletta et conseiller général du canton, associé à M Meynard, sériciculteur vauclusien, crée au lieu-dit « Campellu » une magnanerie et un centre de grainage cellulaire conformément aux directives de Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau et de Louis pasteur. L’incubation se fait à la Magnanerie et les larves, au sortir de l’œuf, sont réparties entre les familles qui disposent de locaux offrant aux vers, dès le mois de mai, la température égale et sèche, indispensable à leur développement. En 1900, on compte 84 éducations domestiques dans le village produisant près de 3 000 Kilos de cocons.

L’atelier de grainage d’Oletta remplit les conditions hygiéniques les plus favorables à l’éducation des vers et à la santé du personnel préposé à la vérification. Cette dernière opération, méticuleuse et délicate, comporte, après la mise en cellule et la ponte, le broyage du papillon femelle et l’examen microscopique, à l’état frais, de ses éléments cellulaires. Elle est confiée à d’habiles micrographes qui savent écarter du lot, soumis à leur examen, les œufs atteints de muscardine et surtout de pébrine, l’ennemi n°1 des magnans. Le centre de grainage d’Oletta pouvait ainsi livrer à la France, à l’Italie et à la Syrie, une importante quantité de graines soigneusement sélectionnées.

 

U

marmaru d’Oletta

Le Marbre d'Oletta

Une carrière de marbre située au lieu-dit Muzzello a été exploitée à plusieurs reprises pour révéler deux sortes de marbre. Le Vatican préférait la brèche dorée d’Oletta à la fleur de pêcher qui compose notamment le monument aux morts de Saint-Florent.

Plusieurs tentatives d’exploitation de cette carrière eurent lieu, y compris sur les propriétés voisines, sans véritable succès en raison de plusieurs difficultés. La carrière du Muzzellu fut exploitée avant 1914 par une société belge mais la brèche dorée demandait un fort masticage causant ainsi des problèmes de rentabilité. L’exploitation fut reprise après la dernière guerre, sans doute avec des moyens insuffisants car on se contenta de cueillir des blocs se détachant facilement de la masse.

On peut voir encore aujourd’hui les vestiges de l’exploitation sur le flanc de cette colline en remontant de Saint-Florent.

Cette carrière éphémère a pourtant produit des pièces somptueuses. Un tronçon de colonne de marbre d’Oletta fut exposé à l’Exposition universelle de Paris en 1855 par le marbrier Bertolucci. Des objets furent également envoyés à l’exposition de Londres en 1862. Le marbre fleur de pêcher composa en grande partie le cadeau prévu pour le mariage de Sophia Loren et de Carlo Ponti en Corse dans les années 60. On retrouve notamment le marbre rouge d’Oletta dans l’église Sainte Marie de Bastia. Des blocs sont conservés au musée de Bastia.